Pierre Piron raccroche définitivement son sécateur

La ville de Villié-Morgon pleure l’un des siens, Pierre Piron né d’une famille de vignerons en Beaujolais, qui s’est éteint le 28 septembre dernier et dont l’enterrement a été célébré le samedi 1er octobre, par une belle après-midi ensoleillée. Comme un clin d’œil et un souvenir à sa famille, ses proches et tous ses amis.

Cette figure du Beaujolais qui n’a jamais compté ni son temps ni sa peine pour les autres, pour ne citer que ses engagements envers la profession et tous les produits du terroir (Il a été président de la Confédération nationale des AOC et membres de l’INAO), a raccroché définitivement son sécateur après 13 mois d’hôpital et une grande lucidité.

« Pierre était un homme de service et de choix. J’ai toujours apprécié son écoute, sa qualité de discernement, son sens de l’intérêt général et de la justice, sa foi vivante et engagée ». (Père Emmanuel Payen, Archidiacre du Diocèse)

La vie est ainsi faite qui se déroule tel un long chemin souvent sinueux mais qui apporte aussi beaucoup de satisfaction pour soi, sa famille, sa profession et ses amis.
C’est avec beaucoup de respect, d’estime et de sincérité que nous présentons à tous ses proches nos condoléances. Mais qu’il se rassure ses enfants sauront continuer son œuvre autour du vignoble et du vin.
Michel Godet

Intervention du Maire de Villié-Morgon, à l’église le 1er octobre 2011 :

Pierre Piron a traversé la Saône après son mariage en 1949, pour reprendre un vignoble de famille d’une dizaine d’ha à Morgon, et faire ainsi sa première récolte en 1950

Ces années 50 n’ont pas été faciles, avec des vignes en mauvais état, de maigres récoltes, du gel, et une économie d’après guerre encore bien chancelante.

Il s’est cependant rapidement intégré aux producteurs de Morgon, et a participé activement à la création du syndicat viticole en 1964, qu’il a présidé pendant une quinzaine d’années, jusqu’en 1980.

C’était une période forte ou le caveau de Morgon a pris tout son essor.

Nos pères pratiquaient l’oenotourisme, bien avant qu’on invente le mot.

Après celle des crus du Beaujolais, Pierre Piron assuma ensuite la présidence de la Fédération des crus de Bourgogne, à une époque où les relations Bourgogne / Beaujolais étaient au beau fixe, à une époque où nous avions tous le sentiment fort de faire partie de cette belle région de Bourgogne.

Il présida ensuite la Confédération Nationale des Appellations Contrôlées, la CNAOC.

Il fut ainsi de 1986 à 1992  le « Patron » de tous les vignerons d’Appellation  Contrôlée de France, et à ce titre il participait d’ailleurs au comité viticole de l’Europe à Bruxelles.

Avec du bon sens, de la logique et une bonne dose de dévouement, Il a consacré toute sa vie durant beaucoup d’énergie et de temps pour défendre et mettre en avant les vins du Beaujolais et de Bourgogne, certes, mais toujours en premier, ceux de Morgon.

Il revenait d’ailleurs de ces réunions lointaines, parfois un peu amer et désabusé de constater que les professionnels n’étaient pas toujours écoutés et que les décisions étaient prises quelquefois de manière beaucoup plus administratives.

En même temps, au cours de ces mêmes années, Il a siégé également pendant 15 ans au comité National de l’INAO, s’occupant bien sûr des appellations de vin, mais également des appellations dans d’autres secteurs de l’agro alimentaire, tels que les oignons de Roscoff, les pommes du Limousin, les olives de Nyons, le foin de la Crau, et bien d’autres…

Ces responsabilités prenantes, mais fort intéressantes lui ont permis de toujours garder un œil neuf, une ouverture d’esprit forte, et un avis pointu et respecté sur beaucoup de choses.

Il a fait partie avec quelques uns de nos pères de la génération qui a donné une notoriété au Beaujolais.

Le milieu du vin le passionnait, mais Pierre Piron s’intéressait aussi beaucoup aux aspects économiques. Ainsi, en même temps, il a monté un à un les échelons au Crédit Agricole, pour devenir Président de la Caisse du Crédit Agricole du Rhône.

A ce titre, il a été plus tard, un acteur fort de la fusion de la Caisse du Crédit Agricole du Rhône et de celle du Sud Est, fusion qui a donné naissance en 1995, avec quelques autres fusions, l’Ain et la Saône et Loire entre autres, au Crédit Agricole Centre Est, dans la version actuelle que tout le monde connaît.

Pierre Piron a donné, il a beaucoup donné à la collectivité, qu’il en soit remercié très fort.




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