Cinéma: « LES CONFINS DU MONDE » : LA GUERRE COMME REVELATEUR !

« LES CONFINS DU MONDE » : LA GUERRE COMME REVELATEUR 

 

Guillaume Nicloux met en scène un jeune militaire français, seul survivant d’un massacre commis en Indochine en 1945. Aveuglé par sa vengeance, il part à la recherche des assassins.

Gaspard Ulliel interprête Robert Tassel, un soldat engagé dans la guerre d »Indochine en 1945, témoin et victime

 d’exactions.
Jungle étouffante, charniers, volutes d’opium, sangsues, têtes coupées, corps démembrés, l’ennemi peut être caché partout. Plus de repères, les morts sont encore vivants et les vivants presque morts. Une ambiance à la Lucien Bodard. Tassel s’arrache d’un charnier, échappe aux assassins de son frère et de sa belle-sœur, enceinte et éventrée sous ses yeux. Il est caché et soigné dans la jungle par une famille vietnamienne.
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Il est un fantôme qui survit et n’a plus qu’un seul désir, retrouver Vo Binh, un lieutenant présent lors du massacre. Sa soif de vengeance le pousse à se rapprocher des adversaires capturés pour les utiliser dans sa traque.
Mais « il y a des ennemis contre lesquels on ne peut pas lutter » insinue l’écrivain Saintonge (Gérard Depardieu), « d’ennemi intérieur, je parle de vous » renchérit notre grand admirateur de Saint Augustin !
Et Tassel tombe amoureux de Maï (Lang-Khé Tran), une belle prostituée travaillant  au  » Perroquet », une boîte où les soldats français se noient dans le sexe, l’alcool  ou l’opium. Début d’une passion obsessionnelle aussi forte que son terrible désir de vengeance.
Qui l’emportera ?
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Entre onirisme et réalisme 
Guillaume Nicloux filme brutalement la guerre, en mode « 317ème section » de Pierre Schoendoerffer (1965) avec un montage haletant, style « Apocalypse Now »(1975) de Coppola. Sa mise en scène ne nous épargne rien !
Crue, réaliste mais pas du cinéma de guerre plutôt un univers brumeux tutoyant parfois l’onirique.
Les sens des soldats sont bousillés par la moiteur (excellent Guillaume Gouix). Une angoisse existentielle mais aussi castratrice transpire par toutes les pores de ce film étrange.
L’originalité de « Confins du monde » repose sur son impudeur, sa détermination à remettre en cause les valeurs acquises et à questionner la notion du mal.
Physique et sensuel.
QOL

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